mardi 27 janvier 2009
Le temps
Le temps n'est il pas censé eloigner les gens qui ne se voient plus? Ils restent un vague souvenir, une periode...Un apport d'experience et parfois quelques regrets et parfois une envie folle de les voir et puis la vie reprend le dessus...C'est peut être tout l'inverse, pour moi plus le temps passe et moins j en oublie ces personnes qui m'ont touché, ont changé ma vie, que je conseillais, que j'écoutais et vice versa, Si tu savais combien tu me manques, une seconde sans toi c'est l'eternité et je vais manquer de souffle, fais moi un signe, qu'essaye tu de me dire, je t'entend tu sais, oh si tu savais tout l'amour que je te porte, peut être le sens tu, surement...cet amour est mon bouclier contre toi, et tant qu'il subsitera tu ne pourras m'atteindre...
mardi 20 janvier 2009
Rêve encore
Reflexion sur les rêves selon Aristotephilosophe grec né à Stagire (actuelle Stavros) en Macédoine (d’où le surnom de « Stagirite » (Σταγειρίτης)), en -384, et décédé à Chalcis, en Eubée, en -322.
Des rêves
Aristote
traduction française de J. Barthelemy-Saint-Hilaire, 1891
[modifier] CHAPITRE PREMIER.
À quelle faculté de l'âme se rapporte le rêve ? Est-ce à l'entendement ou à la sensibilité ? Il y a dans le rêve quelque chose de plus que la sensation : rôle de l'opinion. Le rêve n'appartient exclusivement ni à la sensibilité, ni à l'intelligence, ni à l'opinion : il se rapporte à l'imagination, laquelle n'est elle-même qu'une modification de la sensibilité.
§1. Après avoir étudié le sommeil, il faut passer aux rêves, et rechercher d'abord à quelle partie de l'âme se montre le rêve. Est-ce une affection de l'entendement ou de la sensibilité, les deux seules parties de notre être qui nous fassent connaître les choses ?
§2. La fonction de la vue, c'est de voir ; celle de l'ouïe, c'est d'entendre ; et, en général, la fonction de la sensibilité, c'est de sentir. De plus, il y a certaines choses communes à tous les sens, telles que la forme, le mouvement, la grandeur, et autres qualités de même genre ; et il y en a d'autres qui sont spéciales, comme la couleur, le son, la saveur. Or, quand on ferme les yeux, et quand on dort, on n'est point en état d'avoir la sensation de la vue, on n'a pas davantage les autres ; ainsi, il est clair que nous ne sentons rien durant le sommeil. Ce n'est donc pas par la sensation que nous sentons le rêve.
§3. Nous ne le sentons pas non plus par la simple opinion ; car nous ne disons pas seulement que l'objet qui se présente alors est homme ou cheval ; nous disons encore que cet objet est blanc ou qu'il est beau ; et sans le secours de la sensation, la simple opinion ne pourrait rien nous dire de tout cela, ni de vrai ni de faux. Mais c'est là précisément ce que fait l'âme dans les rêves, puisque nous croyons voir alors, tout aussi réellement que dans la veille, que celui qui se présente est homme, et de plus qu'il est blanc. Dans le rêve, nous sentons donc encore quelque chose de plus que l'objet, de même que dans la veille, quand nous sentons un objet. En effet, souvent nous ne sentons pas seulement l'objet, mais nous en pensons encore quelque chose ; de même aussi dans les rêves, nous pensons quelque fois autre chose encore au-delà des images qui nous apparaissent.
§4. Cela sera parfaitement évident pour quiconque, après le réveil, appliquera son esprit à se rappeler les rêves qu'il a eus. Quelques personnes ont ainsi revu leurs rêves, comme en observant les règles de la mnémonique on apprend à se représenter les choses proposées. En effet, il arrive souvent à ceux qui prennent cette habitude, qu'outre le rêve ils se remettent encore sous les yeux quelqu'autre image, dans le lieu qui reçoit les images.
§5. Ceci prouve bien que la représentation aperçue dans le sommeil n'est pas toujours un rêve, et que ce que pense alors notre intelligence, elle en a connaissance par l'opinion.
§6. Il est évident encore que pour tous les phénomènes de ce genre, la cause qui fait que dans certaines maladies nous nous trompons même tout éveillés, est celle aussi qui, dans le sommeil, produit sur nous l'impression du rêve. Et même, on a beau être en pleine santé, on a beau savoir fort bien ce qu'il en est, le soleil paraît toujours n'avoir qu'un seul pied de large. Mais, soit que l'imagination et la sensibilité soient dans l'âme deux facultés identiques, ou qu'elles soient différentes, le rêve ne se produit pas néanmoins sans que l'on voie et que l'on sente quelque chose. En effet, mal voir, mal entendre ne peut appartenir qu'à un être qui voit et qui entend quelque chose de vrai, bien que ce quelque chose ne soit pas ce qu'il croit. Mais on suppose que dans le sommeil on ne voit rien, qu'on n'entend rien, en un mot qu'on ne sent rien. Faut-il donc admettre que, s'il est vrai qu'on ne voie rien dans le rêve, il n'est pas vrai que la sensibilité n'éprouve rien ? Mais il se peut que la vue et les autres sens éprouvent alors quelque affection ; chacune des impressions agit à peu près comme si l'on était éveillé, et elles frappent la sensibilité d'une certaine manière ; mais ce n'est pas tout à fait cependant comme durant la véritable veille. Ainsi, tantôt l'opinion nous dit que ce que nous voyons alors est faux, comme elle nous le dit dans la veille ; et tantôt, elle est saisie par l'image et se laisse entraîner à sa suite.
§7. Il est donc certain que cette affection que nous appelons le rêve n'appartient, ni à la faculté de l'opinion, ni à celle de l'intelligence. Elle ne relève absolument non plus de la sensibilité ; car alors on verrait, on entendrait tout à fait.
§8. Mais recherchons comment ce phénomène est possible et comment il se passe. Supposons donc, ce qui du reste est évident, que c'est là une affection de la sensibilité, puisque le sommeil en est une aussi ; et en effet, la faculté du sommeil n'appartient pas à tel animal et la faculté du rêve à tel animal différent : elles sont réunies toutes deux dans le même être.
§9. Nous avons déjà parlé de l'imagination dans le Traité de l'âme, et nous y avons dit que l'imagination est la même chose que la sensibilité ; mais que la manière d'être de la sensibilité et celle de l'imagination sont différentes ; nous avons défini l'imagination : le mouvement produit par la sensation en acte. Or, le rêve paraît bien être une sorte d'image ; car nous appelons rêve l'image qui se montre durant le sommeil, qu'elle se produise, soit d'une manière absolue, soit d'une manière quelconque.
§10. Il est donc évident que rêver appartient à la sensibilité, et lui appartient en tant qu'elle est douée d'imagination.
[modifier] CHAPITRE II.
Pour bien comprendre les rêves, il faut étudier les circonstances qui accompagnent le sommeil. L'impression sensible demeure dans les organes après que l'objet sensible a disparu : loi générale de la transmission du mouvement, soit de translation, soit d'altération. Effets consécutifs de certaines sensations trop prolongées. Dans l'acte de la vision, si la vue est passive, elle est certainement active aussi : singulier effet que produisent les miroirs, les yeux des femmes qui sont dans leurs mois : les vins et les huiles sont affectés à distance par les odeurs. – Hallucinations et erreurs des sens dans diverses circonstances ; effets des passions violentes ; la boulette de pain sous les doigts.
§1. Ce qui nous fera le mieux comprendre ce que c'est que le rêve, et comment il a lieu, ce sont les circonstances qui accompagnent le sommeil.
§2. Les choses sensibles produisent en nous la sensation selon chacun de nos organes ; et l'impression qu'elles causent n'existe pas seulement dans les organes, quand les sensations sont actuelles ; cette impression y demeure, même quand la sensation a disparu.
§3. Le phénomène qu'on éprouve alors paraît être à peu près le même que celui qui se passe dans le mouvement des projectiles. Ainsi, les corps qui ont été lancés continuent à se mouvoir, même après que le moteur a cessé de les toucher, parce que ce moteur a d'abord agi sur une certaine portion de l'air, et qu'ensuite cet air a communiqué à une autre partie le mouvement qu'il avait lui-même reçu ; et c'est ainsi que jusqu'à ce que le projectile s'arrête, il produit son mouvement, soit dans l'air soit dans les liquides. Il faut supposer encore la même loi dans les mouvements de simple altération. Ainsi, ce qui est échauffé par une chaleur quelconque échauffe la partie voisine ; et la chaleur se transmet jusqu'au bout. Il y a donc nécessité que ceci se passe également dans l'organe siège de la sensibilité, puisque la sensation en acte n'est qu'une sorte d'altération. C'est là ce qui fait que l'impression n'est pas seulement dans les organes au moment où ils sentent, mais qu'elle y reste encore quand ils ont cessé de sentir, et qu'elle est au fond tout comme elle est à la surface.
§4. Ceci est bien frappant quand nous avons senti quelque objet d'une manière prolongée. Alors, on a beau faire cesser la sensation, l'impression persiste ; et ainsi, par exemple, quand on passe du soleil à l'ombre, durant quelques instants on ne peut voir rien, parce que tout le mouvement, sourdement causé dans les yeux par la lumière, y continue encore. De même, si nous arrêtons trop longtemps notre vue sur une seule couleur, soit blanche, soit jaune, nous la revoyons ensuite sur tous les objets où, pour changer, nous reportons nos regards ; et si nous avons dû cligner les yeux en regardant le soleil ou telle autre chose trop brillante, il nous paraît aussitôt, que quel que soit l'objet que nous regardions après, que nous le voyons d'abord de cette même couleur, puis ensuite qu'il devient rouge, puis violet, jusqu'à ce qu'il arrive à la couleur noire et disparaisse à nos yeux.
§5. Même le mouvement seul des objets suffit pour causer en nous ces changements. Ainsi, il suffit de regarder quelque temps les eaux des fleuves, et surtout de ceux qui coulent très rapidement, pour que les autres choses qui sont en repos paraissent se mouvoir. C'est encore ainsi qu'on devient sourd par suite de bruits trop violents, et que l'odorat s'émousse par l'action de trop fortes odeurs ; et de même pour tout le reste.
§6. Tous ces phénomènes ont lieu de cette façon, évidemment.
§7. Une preuve de la rapidité avec laquelle les organes perçoivent même une très-petite différence, c'est ce qui se passe dans les miroirs, sujet sur lequel on peut s'arrêter soi-même, si l'on désire l'étudier et lever les doutes qu'il peut faire naître. Ce fait des miroirs prouvera également bien que, si la vue souffre quelque chose, elle agit aussi. Quand les miroirs sont parfaitement nets, il est certain que si des femmes qui sont dans leurs mois s'y regardent, il s'étend sur la surface du miroir comme un nuage de vapeur sanguine. Si le miroir est neuf, il n'est pas facile de faire disparaître cette tache ; au contraire, il est facile de l'enlever si le miroir est vieux.
§8. La cause de ce fait, c'est comme nous l'avons déjà dit, que non seulement la vue éprouve quelque chose de l'air, mais aussi qu'elle agit elle-même sur lui et y cause un mouvement, tout comme en causent les objets brillants. La vue, en effet, peut être classée parmi les choses qui brillent et qui ont une couleur. Il est donc tout simple que les yeux des femmes qui sont dans leurs mois, soient dans une même disposition que toute autre partie de leur corps, puisque les yeux sont aussi remplis de veines. A l'époque des règles, le changement qui survient dans les yeux, par suite du trouble général de l'organisation, et de l'inflammation sanguine, peut très bien échapper à notre observation, mais il n'en existe pas moins. Or, la nature du sperme et celle des règles sont les mêmes. Ces deux liquides agissent sur l'air qui les touche ; et cet air communique à celui qui est sur les miroirs et qui ne fait qu'un avec lui, la même modification qu'il ressent lui-même ; puis enfin, cet air agit sur la surface du miroir.
§9. C'est absolument comme pour les étoffes ; les plus blanches et les plus propres sont celles qui se tachent le plus vite, parce que ce qui est propre montre vivement tout ce qui l'atteint, et surtout les mouvements les plus faibles. L'airain, par cela même qu'il est parfaitement uni, sent les contacts les plus légers. Or, il faut regarder ce contact de l'air comme une pression, comme un essuiement, et le frôlement d'un liquide ; et quelque léger que soit cet attouchement, il se marque parce que le miroir est très-pur. Si la tache ne s'en va pas aisément des miroirs neufs, c'est précisément qu'ils sont purs et unis ; car elle entre dans ces miroirs en profondeur et en tous sens : en profondeur parce qu'ils sont purs ; et elle se répand dans tous les sens, parce qu'ils sont unis. La marque ne reste pas sur les vieux miroirs, parce que la tache n'y entre pas autant, et qu'elle demeure davantage à la surface.
§10. Ceci prouve donc que le mouvement peut être produit par de minimes différences, que la sensation est très-rapide, et que non seulement l'organe des couleurs souffre quelque modification, mais qu'il réagit lui-même. On peut citer, à l'appui de cette opinion, les phénomènes qui se passent dans la fabrication des vins et dans celle des parfums. L'huile qu'on a toute préparée prend très-vite l'odeur des parfums qu'on a mis près d'elle ; et les vins éprouvent la même influence. Ils contractent les odeurs non seulement des corps que l'on place près des vases qui les renferment, ou celles des fleurs qui poussent dans le voisinage.
§11. Pour en revenir à la question que nous nous étions proposée au début, il faut admettre ce principe, qui ressort évidemment de tout ce que nous avons dit, à savoir : que même si l'objet sensible a disparu au dehors, les impressions senties n'en demeurent pas moins dans les organes, et y demeurent sensibles.
§12. Ajoutons que nous nous trompons très facilement sur nos sensations au moment même où nous les éprouvons, ceux-ci dominés par telle affection, ceux-là par telle autre tache : le lâche, par sa frayeur ; l'amoureux, par son amour ; l'un croyant voir partout ses ennemis ; et l'autre, celui qu'il aime. Et plus la passion nous domine, plus la ressemblance apparente, qui suffit pour nous faire illusion, peut être légère. On observe aussi que tous les hommes se trompent très aisément quand ils sont sous le coup d'une colère violente ou d'une passion quelconque ; l'erreur leur est alors d'autant plus facile qu'ils sont plus passionnés. De là vient aussi que dans les accès de la fièvre, il suffit de la moindre ressemblance formée par des lignes qui se rencontrent au hasard, pour faire croire au malade qu'il y a des animaux sur la muraille de sa chambre ; et quelques fois ces hallucinations suivent en intensité les progrès du mal. Si l'on est pas très-malade, on reconnait bien vite que c'est une illusion ; mais si la souffrance devient plus forte, le malade va jusqu'à faire des mouvements vers les objets qu'il croit voir.
§13. La cause de tous ces phénomènes tient à ce que ce n'est pas la même faculté de l'esprit, qui est chargée de juger les choses, et qui reçoit en elle les images. Une preuve de ceci, c'est que le soleil paraît n'avoir qu'un pied de largeur. Un autre fait que l'on cite souvent pour démontrer les erreurs de l'imagination, c'est qu'une simple superposition des doigts suffit pour nous faire croire qu'une seule chose devient deux, sans que cependant nous allions jusqu'à dire qu'il y ait réellement deux choses ; car ici le témoignage de la vue l'emporte sur celui du toucher. Mais si le toucher était tout seul, nous jugerions que cette chose qui est une en est deux. Ce qui cause notre erreur, c'est que non-seulement ces apparences se produisent par nous, quand la chose sensible vient à se mouvoir d'une façon quelconque, mais encore quand le sens est en lui-même mis en mouvement, et qu'il reçoit un mouvement analogue à celui qu'il aurait reçu de la chose sensible. Je veux dire, par exemple, que quand on est dans un vaisseau en marche, le rivage semble être en mouvement, bien que la vue soit certainement mise en mouvement par une autre chose que le rivage.
[modifier] CHAPITRE III.
Un certain repos est nécessaire dans le corps pour que le rêve se produise : l'agitation, qui est continuelle pendant la veille, empêche que le centre sensible ne sente le mouvement qui suit les impressions. – Diverses natures des rêves, suivant les organisations et les dispositons. – Rapport des rêves aux hallucinations qu'on a durant la veille. – Les rêves ne sont que des débris des sensations éprouvées, et la conséquence des mouvements donnés aux organes par les impressions sensibles ; moyen de s'en assurer : perceptions réelles durant le sommeil. – Influence de l'âge sur les rêves.
§1. Bien des choses prouvent donc évidemment que ce n'est pas seulement pendant la veille que se produisent les mouvements causés par les sensations, soit que ces sensations viennent du dehors, soit qu'elles surgissent de l'intérieur du corps qui les éprouve ; mais aussi, que ces mouvements se produisent pendant qu'à lieu l'affection spéciale qu'on nomme le sommeil, et que c'est surtout alors qu'ils se manifestent.
§2. Dans le jour, en effet, ils sont écartés, et par les sensations qui agissent sur nous, et par l'exercice de la pensée ; ils disparaissent comme un petit feu devant un feu immense ; comme des maux et des plaisirs légers disparaissent devant des maux et des plaisirs plus grands. Au contraire, quand nous sommes calmés, les choses les plus délicates surnagent [et se font sentir]. Ainsi, pendant la nuit l'inactivité de chacun des sens particuliers, et l'impuissance d'agir où ils sont, parce qu'il y a reflux de la chaleur du dehors au dedans, ramènent toutes ces impressions qui étaient insensibles durant la veille, au centre même de la sensibilité ; et elles deviennent parfaitement claires, quand le trouble est apaisé.
§3. Il faut supposer que, pareil aux petits tourbillons qui se forment dans les fleuves, et que les eaux emportent, chaque mouvement de sensation se répète continuellement ; souvent ces petits tourbillons se reproduisent de la même manière, et souvent ils sont rompus en formes toutes différentes, par les obstacles qu'ils rencontrent et sur lesquels ils se brisent.
§4. Voici pourquoi les rêves ne surviennent pas [immédiatement] après le repas, et pourquoi les enfants très-jeunes n'en n'ont point ; c'est que le mouvement causé par la chaleur qui vient de la nourriture est très-considérable. C'est tout à fait comme dans un liquide qu'on agite vivement ; l'image ne peut pas du tout y paraître ; ou s'il en paraît une, elle y est toute déformée et dispersée, reproduisant l'objet tout autre qu'il n'y est. Au contraire, quand le liquide est en repos, les images sont nettes et parfaitement visibles. De même aussi quand on dort, les images qui se forment alors, et les mouvements qui restent de la veille et proviennent des sensations, sont tantôt tout à fait annulés, quand le mouvement dont on vient de parler est par trop considérable ; tantôt les visions qui apparaissent sont toutes terribles et toutes monstrueuses ; et les rêves sont malsains et incomplets, comme il arrive aux mélancoliques, à ceux qui ont de la fièvre, et à ceux qui ont pris du vin. En effet, toutes ces affections venant des esprits, causent dans l'organisation un grand mouvement et un grand trouble.
§5. Dans les animaux qui ont du sang, une fois que le sang s'est apaisé, et que la séparation s'y est faite, le mouvement qui reste encore des impressions reçues durant la veille par chacun des sens, rend les rêves complets et sains. Alors il se montre des apparences distinctes ; et il semble qu'on voit, grâce aux impressions qui ont été déposées par la vue ; qu'on entend, grâce à celles de l'ouïe ; et de même pour les impressions venues des autres organes des sens.
§6. C'est en effet parce que le mouvement se communique de ces organes au principe de la sensibilité, que parfois même tout éveillé, on croit voir, entendre et sentir certaines choses. C'est aussi parce que la vue semble quelque fois être mue, sans l'être réellement, que nous affirmons que nous voyons ; c'est parce que le toucher nous atteste deux mouvements qu'il nous semble qu'une seule chose en est deux. [Dans ces divers cas] le principe sensible nous informe simplement de la perception qui naît de chaque sens, à moins que quelque autre sens supérieur ne vienne donner un témoignage contraire. L'apparence se montre donc bien complète ; mais l'esprit n'admet pas complètement ce qui se montre ainsi à lui, à moins que la faculté qui juge en dernier ressort, ne soit empêchée et n'ait plus de mouvement propre.
§7. Or, de même que l'on peut être très aisément trompé, comme nous l'avons dit, tantôt par une passion, tantôt par une autre ; de même quand on dort, on est trompé par le sommeil, par l'ébranlement des organes et par toutes les autres circonstances qui accompagnent la sensation. Il suffit alors de la plus petite ressemblance pour que nous confondions les objets entre eux.
§8. Durant le sommeil, en effet, le sang descendant en plus grande masse vers le principe sensible, tous les mouvements qui se trouvent à l'intérieur, les uns en puissance, les autres en acte, s'y rendent avec lui ; et ces mouvements sont disposés de telle sorte que, dans cette concentration, ce sera tel mouvement qui surnagera au-dessus des autres ; et si le premier disparaît, un second prendra sa place. On pourrait d'ailleurs les comparer, dans leurs rapports les uns aux autres, à ces grenouilles factices qui montent à la surface de l'eau, quand le sel qui les enveloppe est fondu. De même les mouvements ne sont d'abord qu'en puissance ; mais ils agissent dès que l'obstacle qui les empêche a cessé ; et perdus dans le peu de sang qui reste alors aux organes, ils prennent la ressemblance des objets qui émeuvent habituellement les sens. Comme ces apparences formées par les nuages qui, dans leurs changements rapides, semblent, tantôt des hommes, et tantôt des centaures.
§9. Tout cela n'est, ainsi qu'on l'a dit, qu'un débris de la sensation en acte ; et quand la véritable sensation a disparu, il en reste dans les organes quelque chose dont il est vrai de dire, par exemple, que cela ressemble à Coriscus, mais non pas que c'est Coriscus. Or, quand le sens qui juge en maître et prononce définitivement, sentait réellement, il ne disait pas que ce fût là Coriscus, bien que ce fût par là qu'il reconnût le Coriscus véritable. Ainsi, certainement pour cette chose dont on disait quand on la sentait, qu'elle était Coriscus, on éprouve [dans le sommeil], à moins que le sang n'y mette un si complet obstacle qu'on soit comme si l'on ne sentait pas, l'impression des mouvements qui sont encore dans les organes ; l'objet semblable paraît être l'objet réel lui-même ; et telle est la puissance du sommeil, qu'elle est assez grande pour nous dissimuler ce qui se passe alors.
§10. Par exemple, quelqu'un qui ne s'apercevrait pas avoir mis le doigt sous son oeil qu'il presse, non seulement verrait la chose double toute simple qu'elle est, mais de plus il croirait qu'elle est double réellement ; si au contraire il n'ignore pas la position de son doigt, la chose lui paraîtra double, mais il ne pensera pas qu'elle le soit.
§11. Il en est de même dans le sommeil : si l'on sent que l'on dort, si l'on a conscience de la perception qui révèle la sensation du sommeil, l'apparence se montre bien ; mais il y a en nous quelque chose qui dit qu'elle paraît Coriscus, mais que ce n'est pas là Coriscus ; car souvent quand on dort, il y a quelque chose dans l'âme qui nous dit que ce que nous voyons n'est qu'un rêve. Au contraire, si l'on ne sait pas qu'on dort, rien alors ne contredit l'imagination.
§12. Afin de se convaincre que nous sommes ici dans le vrai, et qu'il y a dans les organes des mouvements capables de produire des images, on n'a qu'à faire l'effort nécessaire pour se rappeler ce qu'on éprouve quand on est endormi [profondément], et qu'on est réveillé [en sursaut]. On pourra, en effet, si l'on s'y prend avec quelque adresse, s'assurer en s'éveillant que les apparences qu'on voyait durant le sommeil ne sont que des mouvements dans les organes. Souvent, les enfants voient très distinctement, quand ils sont dans les ténèbres, beaucoup d'images qui s'y meuvent ; et leur peur est parfois assez forte pour les forcer à se cacher.
§13. Nous pouvons donc, d'après tout ceci, conclure que le rêve est une sorte d'image, et ajouter qu'il se produit durant le sommeil ; car les apparences que je viens de citer ne sont pas des rêves, non plus que ces autres apparences analogues qui se montrent à nous, même quand nos sens sont libres.
§14. Le rêve n'est pas non plus toute image quelconque qui se montre durant le sommeil ; car d'abord il se peut quelquefois que durant le sommeil on sente en partie le bruit, la lumière, la saveur, le contact ; mais faiblement il est vrai, et comme de très loin. Ainsi, bien des gens qui, en dormant entrevoyaient faiblement une lumière, que dans leur sommeil ils prenaient pour celle d'une lampe, ont reconnu aussitôt après leur réveil, que c'était bien réellement la lumière d'une lampe. Des gens qui entendaient faiblement le chant du coq ou le cri des chiens, les ont reconnus très clairement en se réveillant. D'autres répondent dans leur sommeil aux questions qu'on leur fait.
§15. C'est qu'il se peut, pour le sommeil et pour la veille que, l'un des deux étant absolu, l'autre aussi soit partiel. L'on ne peut dire alors d'aucun de ces deux états, que ni l'un ni l'autre soit un rêve, pas plus qu'on ne peut le dire de toutes les vraies pensées qui nous viennent dans le sommeil, indépendamment des images. Mais l'image produite par le mouvement des impressions sensibles quand on est dans le sommeil, et en tant qu'on dort, voilà ce qui constitue vraiment le rêve.
§16. Il y a des gens qui n'ont jamais rêvé de toute leur vie ; mais ces exceptions sont forts rares, quoiqu'il y en ait pourtant quelques unes. Pour les uns, cette absence de rêves a été perpétuelle ; pour les autres, les rêves ne leur sont venus qu'avec les progrès de l'âge, sans qu'auparavant ils en eussent jamais eu. Il faut croire que la cause qui fait qu'on ne rêve pas, est à peu près la même que celle qui fait qu'on n'a pas de rêves quand on dort aussitôt après le repas ; et que les enfants non plus ne rêvent point. Dans tous les tempéraments où la nature agit de telle sorte qu'une évaporation considérable monte vers les parties supérieures, et produit ensuite, en redescendant, un mouvement non moins considérable, il est tout simple qu'aucun image ne se montre. Mais on conçoit très-bien qu'avec les progrès de l'âge, il arrive des rêves ; car, du moment qu'un changement survient, soit par l'âge, soit par une affection quelconque, il faut aussi qu'il arrive le contraire de ce qui avait lieu auparavant.
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Des rêves
Aristote
traduction française de J. Barthelemy-Saint-Hilaire, 1891
[modifier] CHAPITRE PREMIER.
À quelle faculté de l'âme se rapporte le rêve ? Est-ce à l'entendement ou à la sensibilité ? Il y a dans le rêve quelque chose de plus que la sensation : rôle de l'opinion. Le rêve n'appartient exclusivement ni à la sensibilité, ni à l'intelligence, ni à l'opinion : il se rapporte à l'imagination, laquelle n'est elle-même qu'une modification de la sensibilité.
§1. Après avoir étudié le sommeil, il faut passer aux rêves, et rechercher d'abord à quelle partie de l'âme se montre le rêve. Est-ce une affection de l'entendement ou de la sensibilité, les deux seules parties de notre être qui nous fassent connaître les choses ?
§2. La fonction de la vue, c'est de voir ; celle de l'ouïe, c'est d'entendre ; et, en général, la fonction de la sensibilité, c'est de sentir. De plus, il y a certaines choses communes à tous les sens, telles que la forme, le mouvement, la grandeur, et autres qualités de même genre ; et il y en a d'autres qui sont spéciales, comme la couleur, le son, la saveur. Or, quand on ferme les yeux, et quand on dort, on n'est point en état d'avoir la sensation de la vue, on n'a pas davantage les autres ; ainsi, il est clair que nous ne sentons rien durant le sommeil. Ce n'est donc pas par la sensation que nous sentons le rêve.
§3. Nous ne le sentons pas non plus par la simple opinion ; car nous ne disons pas seulement que l'objet qui se présente alors est homme ou cheval ; nous disons encore que cet objet est blanc ou qu'il est beau ; et sans le secours de la sensation, la simple opinion ne pourrait rien nous dire de tout cela, ni de vrai ni de faux. Mais c'est là précisément ce que fait l'âme dans les rêves, puisque nous croyons voir alors, tout aussi réellement que dans la veille, que celui qui se présente est homme, et de plus qu'il est blanc. Dans le rêve, nous sentons donc encore quelque chose de plus que l'objet, de même que dans la veille, quand nous sentons un objet. En effet, souvent nous ne sentons pas seulement l'objet, mais nous en pensons encore quelque chose ; de même aussi dans les rêves, nous pensons quelque fois autre chose encore au-delà des images qui nous apparaissent.
§4. Cela sera parfaitement évident pour quiconque, après le réveil, appliquera son esprit à se rappeler les rêves qu'il a eus. Quelques personnes ont ainsi revu leurs rêves, comme en observant les règles de la mnémonique on apprend à se représenter les choses proposées. En effet, il arrive souvent à ceux qui prennent cette habitude, qu'outre le rêve ils se remettent encore sous les yeux quelqu'autre image, dans le lieu qui reçoit les images.
§5. Ceci prouve bien que la représentation aperçue dans le sommeil n'est pas toujours un rêve, et que ce que pense alors notre intelligence, elle en a connaissance par l'opinion.
§6. Il est évident encore que pour tous les phénomènes de ce genre, la cause qui fait que dans certaines maladies nous nous trompons même tout éveillés, est celle aussi qui, dans le sommeil, produit sur nous l'impression du rêve. Et même, on a beau être en pleine santé, on a beau savoir fort bien ce qu'il en est, le soleil paraît toujours n'avoir qu'un seul pied de large. Mais, soit que l'imagination et la sensibilité soient dans l'âme deux facultés identiques, ou qu'elles soient différentes, le rêve ne se produit pas néanmoins sans que l'on voie et que l'on sente quelque chose. En effet, mal voir, mal entendre ne peut appartenir qu'à un être qui voit et qui entend quelque chose de vrai, bien que ce quelque chose ne soit pas ce qu'il croit. Mais on suppose que dans le sommeil on ne voit rien, qu'on n'entend rien, en un mot qu'on ne sent rien. Faut-il donc admettre que, s'il est vrai qu'on ne voie rien dans le rêve, il n'est pas vrai que la sensibilité n'éprouve rien ? Mais il se peut que la vue et les autres sens éprouvent alors quelque affection ; chacune des impressions agit à peu près comme si l'on était éveillé, et elles frappent la sensibilité d'une certaine manière ; mais ce n'est pas tout à fait cependant comme durant la véritable veille. Ainsi, tantôt l'opinion nous dit que ce que nous voyons alors est faux, comme elle nous le dit dans la veille ; et tantôt, elle est saisie par l'image et se laisse entraîner à sa suite.
§7. Il est donc certain que cette affection que nous appelons le rêve n'appartient, ni à la faculté de l'opinion, ni à celle de l'intelligence. Elle ne relève absolument non plus de la sensibilité ; car alors on verrait, on entendrait tout à fait.
§8. Mais recherchons comment ce phénomène est possible et comment il se passe. Supposons donc, ce qui du reste est évident, que c'est là une affection de la sensibilité, puisque le sommeil en est une aussi ; et en effet, la faculté du sommeil n'appartient pas à tel animal et la faculté du rêve à tel animal différent : elles sont réunies toutes deux dans le même être.
§9. Nous avons déjà parlé de l'imagination dans le Traité de l'âme, et nous y avons dit que l'imagination est la même chose que la sensibilité ; mais que la manière d'être de la sensibilité et celle de l'imagination sont différentes ; nous avons défini l'imagination : le mouvement produit par la sensation en acte. Or, le rêve paraît bien être une sorte d'image ; car nous appelons rêve l'image qui se montre durant le sommeil, qu'elle se produise, soit d'une manière absolue, soit d'une manière quelconque.
§10. Il est donc évident que rêver appartient à la sensibilité, et lui appartient en tant qu'elle est douée d'imagination.
[modifier] CHAPITRE II.
Pour bien comprendre les rêves, il faut étudier les circonstances qui accompagnent le sommeil. L'impression sensible demeure dans les organes après que l'objet sensible a disparu : loi générale de la transmission du mouvement, soit de translation, soit d'altération. Effets consécutifs de certaines sensations trop prolongées. Dans l'acte de la vision, si la vue est passive, elle est certainement active aussi : singulier effet que produisent les miroirs, les yeux des femmes qui sont dans leurs mois : les vins et les huiles sont affectés à distance par les odeurs. – Hallucinations et erreurs des sens dans diverses circonstances ; effets des passions violentes ; la boulette de pain sous les doigts.
§1. Ce qui nous fera le mieux comprendre ce que c'est que le rêve, et comment il a lieu, ce sont les circonstances qui accompagnent le sommeil.
§2. Les choses sensibles produisent en nous la sensation selon chacun de nos organes ; et l'impression qu'elles causent n'existe pas seulement dans les organes, quand les sensations sont actuelles ; cette impression y demeure, même quand la sensation a disparu.
§3. Le phénomène qu'on éprouve alors paraît être à peu près le même que celui qui se passe dans le mouvement des projectiles. Ainsi, les corps qui ont été lancés continuent à se mouvoir, même après que le moteur a cessé de les toucher, parce que ce moteur a d'abord agi sur une certaine portion de l'air, et qu'ensuite cet air a communiqué à une autre partie le mouvement qu'il avait lui-même reçu ; et c'est ainsi que jusqu'à ce que le projectile s'arrête, il produit son mouvement, soit dans l'air soit dans les liquides. Il faut supposer encore la même loi dans les mouvements de simple altération. Ainsi, ce qui est échauffé par une chaleur quelconque échauffe la partie voisine ; et la chaleur se transmet jusqu'au bout. Il y a donc nécessité que ceci se passe également dans l'organe siège de la sensibilité, puisque la sensation en acte n'est qu'une sorte d'altération. C'est là ce qui fait que l'impression n'est pas seulement dans les organes au moment où ils sentent, mais qu'elle y reste encore quand ils ont cessé de sentir, et qu'elle est au fond tout comme elle est à la surface.
§4. Ceci est bien frappant quand nous avons senti quelque objet d'une manière prolongée. Alors, on a beau faire cesser la sensation, l'impression persiste ; et ainsi, par exemple, quand on passe du soleil à l'ombre, durant quelques instants on ne peut voir rien, parce que tout le mouvement, sourdement causé dans les yeux par la lumière, y continue encore. De même, si nous arrêtons trop longtemps notre vue sur une seule couleur, soit blanche, soit jaune, nous la revoyons ensuite sur tous les objets où, pour changer, nous reportons nos regards ; et si nous avons dû cligner les yeux en regardant le soleil ou telle autre chose trop brillante, il nous paraît aussitôt, que quel que soit l'objet que nous regardions après, que nous le voyons d'abord de cette même couleur, puis ensuite qu'il devient rouge, puis violet, jusqu'à ce qu'il arrive à la couleur noire et disparaisse à nos yeux.
§5. Même le mouvement seul des objets suffit pour causer en nous ces changements. Ainsi, il suffit de regarder quelque temps les eaux des fleuves, et surtout de ceux qui coulent très rapidement, pour que les autres choses qui sont en repos paraissent se mouvoir. C'est encore ainsi qu'on devient sourd par suite de bruits trop violents, et que l'odorat s'émousse par l'action de trop fortes odeurs ; et de même pour tout le reste.
§6. Tous ces phénomènes ont lieu de cette façon, évidemment.
§7. Une preuve de la rapidité avec laquelle les organes perçoivent même une très-petite différence, c'est ce qui se passe dans les miroirs, sujet sur lequel on peut s'arrêter soi-même, si l'on désire l'étudier et lever les doutes qu'il peut faire naître. Ce fait des miroirs prouvera également bien que, si la vue souffre quelque chose, elle agit aussi. Quand les miroirs sont parfaitement nets, il est certain que si des femmes qui sont dans leurs mois s'y regardent, il s'étend sur la surface du miroir comme un nuage de vapeur sanguine. Si le miroir est neuf, il n'est pas facile de faire disparaître cette tache ; au contraire, il est facile de l'enlever si le miroir est vieux.
§8. La cause de ce fait, c'est comme nous l'avons déjà dit, que non seulement la vue éprouve quelque chose de l'air, mais aussi qu'elle agit elle-même sur lui et y cause un mouvement, tout comme en causent les objets brillants. La vue, en effet, peut être classée parmi les choses qui brillent et qui ont une couleur. Il est donc tout simple que les yeux des femmes qui sont dans leurs mois, soient dans une même disposition que toute autre partie de leur corps, puisque les yeux sont aussi remplis de veines. A l'époque des règles, le changement qui survient dans les yeux, par suite du trouble général de l'organisation, et de l'inflammation sanguine, peut très bien échapper à notre observation, mais il n'en existe pas moins. Or, la nature du sperme et celle des règles sont les mêmes. Ces deux liquides agissent sur l'air qui les touche ; et cet air communique à celui qui est sur les miroirs et qui ne fait qu'un avec lui, la même modification qu'il ressent lui-même ; puis enfin, cet air agit sur la surface du miroir.
§9. C'est absolument comme pour les étoffes ; les plus blanches et les plus propres sont celles qui se tachent le plus vite, parce que ce qui est propre montre vivement tout ce qui l'atteint, et surtout les mouvements les plus faibles. L'airain, par cela même qu'il est parfaitement uni, sent les contacts les plus légers. Or, il faut regarder ce contact de l'air comme une pression, comme un essuiement, et le frôlement d'un liquide ; et quelque léger que soit cet attouchement, il se marque parce que le miroir est très-pur. Si la tache ne s'en va pas aisément des miroirs neufs, c'est précisément qu'ils sont purs et unis ; car elle entre dans ces miroirs en profondeur et en tous sens : en profondeur parce qu'ils sont purs ; et elle se répand dans tous les sens, parce qu'ils sont unis. La marque ne reste pas sur les vieux miroirs, parce que la tache n'y entre pas autant, et qu'elle demeure davantage à la surface.
§10. Ceci prouve donc que le mouvement peut être produit par de minimes différences, que la sensation est très-rapide, et que non seulement l'organe des couleurs souffre quelque modification, mais qu'il réagit lui-même. On peut citer, à l'appui de cette opinion, les phénomènes qui se passent dans la fabrication des vins et dans celle des parfums. L'huile qu'on a toute préparée prend très-vite l'odeur des parfums qu'on a mis près d'elle ; et les vins éprouvent la même influence. Ils contractent les odeurs non seulement des corps que l'on place près des vases qui les renferment, ou celles des fleurs qui poussent dans le voisinage.
§11. Pour en revenir à la question que nous nous étions proposée au début, il faut admettre ce principe, qui ressort évidemment de tout ce que nous avons dit, à savoir : que même si l'objet sensible a disparu au dehors, les impressions senties n'en demeurent pas moins dans les organes, et y demeurent sensibles.
§12. Ajoutons que nous nous trompons très facilement sur nos sensations au moment même où nous les éprouvons, ceux-ci dominés par telle affection, ceux-là par telle autre tache : le lâche, par sa frayeur ; l'amoureux, par son amour ; l'un croyant voir partout ses ennemis ; et l'autre, celui qu'il aime. Et plus la passion nous domine, plus la ressemblance apparente, qui suffit pour nous faire illusion, peut être légère. On observe aussi que tous les hommes se trompent très aisément quand ils sont sous le coup d'une colère violente ou d'une passion quelconque ; l'erreur leur est alors d'autant plus facile qu'ils sont plus passionnés. De là vient aussi que dans les accès de la fièvre, il suffit de la moindre ressemblance formée par des lignes qui se rencontrent au hasard, pour faire croire au malade qu'il y a des animaux sur la muraille de sa chambre ; et quelques fois ces hallucinations suivent en intensité les progrès du mal. Si l'on est pas très-malade, on reconnait bien vite que c'est une illusion ; mais si la souffrance devient plus forte, le malade va jusqu'à faire des mouvements vers les objets qu'il croit voir.
§13. La cause de tous ces phénomènes tient à ce que ce n'est pas la même faculté de l'esprit, qui est chargée de juger les choses, et qui reçoit en elle les images. Une preuve de ceci, c'est que le soleil paraît n'avoir qu'un pied de largeur. Un autre fait que l'on cite souvent pour démontrer les erreurs de l'imagination, c'est qu'une simple superposition des doigts suffit pour nous faire croire qu'une seule chose devient deux, sans que cependant nous allions jusqu'à dire qu'il y ait réellement deux choses ; car ici le témoignage de la vue l'emporte sur celui du toucher. Mais si le toucher était tout seul, nous jugerions que cette chose qui est une en est deux. Ce qui cause notre erreur, c'est que non-seulement ces apparences se produisent par nous, quand la chose sensible vient à se mouvoir d'une façon quelconque, mais encore quand le sens est en lui-même mis en mouvement, et qu'il reçoit un mouvement analogue à celui qu'il aurait reçu de la chose sensible. Je veux dire, par exemple, que quand on est dans un vaisseau en marche, le rivage semble être en mouvement, bien que la vue soit certainement mise en mouvement par une autre chose que le rivage.
[modifier] CHAPITRE III.
Un certain repos est nécessaire dans le corps pour que le rêve se produise : l'agitation, qui est continuelle pendant la veille, empêche que le centre sensible ne sente le mouvement qui suit les impressions. – Diverses natures des rêves, suivant les organisations et les dispositons. – Rapport des rêves aux hallucinations qu'on a durant la veille. – Les rêves ne sont que des débris des sensations éprouvées, et la conséquence des mouvements donnés aux organes par les impressions sensibles ; moyen de s'en assurer : perceptions réelles durant le sommeil. – Influence de l'âge sur les rêves.
§1. Bien des choses prouvent donc évidemment que ce n'est pas seulement pendant la veille que se produisent les mouvements causés par les sensations, soit que ces sensations viennent du dehors, soit qu'elles surgissent de l'intérieur du corps qui les éprouve ; mais aussi, que ces mouvements se produisent pendant qu'à lieu l'affection spéciale qu'on nomme le sommeil, et que c'est surtout alors qu'ils se manifestent.
§2. Dans le jour, en effet, ils sont écartés, et par les sensations qui agissent sur nous, et par l'exercice de la pensée ; ils disparaissent comme un petit feu devant un feu immense ; comme des maux et des plaisirs légers disparaissent devant des maux et des plaisirs plus grands. Au contraire, quand nous sommes calmés, les choses les plus délicates surnagent [et se font sentir]. Ainsi, pendant la nuit l'inactivité de chacun des sens particuliers, et l'impuissance d'agir où ils sont, parce qu'il y a reflux de la chaleur du dehors au dedans, ramènent toutes ces impressions qui étaient insensibles durant la veille, au centre même de la sensibilité ; et elles deviennent parfaitement claires, quand le trouble est apaisé.
§3. Il faut supposer que, pareil aux petits tourbillons qui se forment dans les fleuves, et que les eaux emportent, chaque mouvement de sensation se répète continuellement ; souvent ces petits tourbillons se reproduisent de la même manière, et souvent ils sont rompus en formes toutes différentes, par les obstacles qu'ils rencontrent et sur lesquels ils se brisent.
§4. Voici pourquoi les rêves ne surviennent pas [immédiatement] après le repas, et pourquoi les enfants très-jeunes n'en n'ont point ; c'est que le mouvement causé par la chaleur qui vient de la nourriture est très-considérable. C'est tout à fait comme dans un liquide qu'on agite vivement ; l'image ne peut pas du tout y paraître ; ou s'il en paraît une, elle y est toute déformée et dispersée, reproduisant l'objet tout autre qu'il n'y est. Au contraire, quand le liquide est en repos, les images sont nettes et parfaitement visibles. De même aussi quand on dort, les images qui se forment alors, et les mouvements qui restent de la veille et proviennent des sensations, sont tantôt tout à fait annulés, quand le mouvement dont on vient de parler est par trop considérable ; tantôt les visions qui apparaissent sont toutes terribles et toutes monstrueuses ; et les rêves sont malsains et incomplets, comme il arrive aux mélancoliques, à ceux qui ont de la fièvre, et à ceux qui ont pris du vin. En effet, toutes ces affections venant des esprits, causent dans l'organisation un grand mouvement et un grand trouble.
§5. Dans les animaux qui ont du sang, une fois que le sang s'est apaisé, et que la séparation s'y est faite, le mouvement qui reste encore des impressions reçues durant la veille par chacun des sens, rend les rêves complets et sains. Alors il se montre des apparences distinctes ; et il semble qu'on voit, grâce aux impressions qui ont été déposées par la vue ; qu'on entend, grâce à celles de l'ouïe ; et de même pour les impressions venues des autres organes des sens.
§6. C'est en effet parce que le mouvement se communique de ces organes au principe de la sensibilité, que parfois même tout éveillé, on croit voir, entendre et sentir certaines choses. C'est aussi parce que la vue semble quelque fois être mue, sans l'être réellement, que nous affirmons que nous voyons ; c'est parce que le toucher nous atteste deux mouvements qu'il nous semble qu'une seule chose en est deux. [Dans ces divers cas] le principe sensible nous informe simplement de la perception qui naît de chaque sens, à moins que quelque autre sens supérieur ne vienne donner un témoignage contraire. L'apparence se montre donc bien complète ; mais l'esprit n'admet pas complètement ce qui se montre ainsi à lui, à moins que la faculté qui juge en dernier ressort, ne soit empêchée et n'ait plus de mouvement propre.
§7. Or, de même que l'on peut être très aisément trompé, comme nous l'avons dit, tantôt par une passion, tantôt par une autre ; de même quand on dort, on est trompé par le sommeil, par l'ébranlement des organes et par toutes les autres circonstances qui accompagnent la sensation. Il suffit alors de la plus petite ressemblance pour que nous confondions les objets entre eux.
§8. Durant le sommeil, en effet, le sang descendant en plus grande masse vers le principe sensible, tous les mouvements qui se trouvent à l'intérieur, les uns en puissance, les autres en acte, s'y rendent avec lui ; et ces mouvements sont disposés de telle sorte que, dans cette concentration, ce sera tel mouvement qui surnagera au-dessus des autres ; et si le premier disparaît, un second prendra sa place. On pourrait d'ailleurs les comparer, dans leurs rapports les uns aux autres, à ces grenouilles factices qui montent à la surface de l'eau, quand le sel qui les enveloppe est fondu. De même les mouvements ne sont d'abord qu'en puissance ; mais ils agissent dès que l'obstacle qui les empêche a cessé ; et perdus dans le peu de sang qui reste alors aux organes, ils prennent la ressemblance des objets qui émeuvent habituellement les sens. Comme ces apparences formées par les nuages qui, dans leurs changements rapides, semblent, tantôt des hommes, et tantôt des centaures.
§9. Tout cela n'est, ainsi qu'on l'a dit, qu'un débris de la sensation en acte ; et quand la véritable sensation a disparu, il en reste dans les organes quelque chose dont il est vrai de dire, par exemple, que cela ressemble à Coriscus, mais non pas que c'est Coriscus. Or, quand le sens qui juge en maître et prononce définitivement, sentait réellement, il ne disait pas que ce fût là Coriscus, bien que ce fût par là qu'il reconnût le Coriscus véritable. Ainsi, certainement pour cette chose dont on disait quand on la sentait, qu'elle était Coriscus, on éprouve [dans le sommeil], à moins que le sang n'y mette un si complet obstacle qu'on soit comme si l'on ne sentait pas, l'impression des mouvements qui sont encore dans les organes ; l'objet semblable paraît être l'objet réel lui-même ; et telle est la puissance du sommeil, qu'elle est assez grande pour nous dissimuler ce qui se passe alors.
§10. Par exemple, quelqu'un qui ne s'apercevrait pas avoir mis le doigt sous son oeil qu'il presse, non seulement verrait la chose double toute simple qu'elle est, mais de plus il croirait qu'elle est double réellement ; si au contraire il n'ignore pas la position de son doigt, la chose lui paraîtra double, mais il ne pensera pas qu'elle le soit.
§11. Il en est de même dans le sommeil : si l'on sent que l'on dort, si l'on a conscience de la perception qui révèle la sensation du sommeil, l'apparence se montre bien ; mais il y a en nous quelque chose qui dit qu'elle paraît Coriscus, mais que ce n'est pas là Coriscus ; car souvent quand on dort, il y a quelque chose dans l'âme qui nous dit que ce que nous voyons n'est qu'un rêve. Au contraire, si l'on ne sait pas qu'on dort, rien alors ne contredit l'imagination.
§12. Afin de se convaincre que nous sommes ici dans le vrai, et qu'il y a dans les organes des mouvements capables de produire des images, on n'a qu'à faire l'effort nécessaire pour se rappeler ce qu'on éprouve quand on est endormi [profondément], et qu'on est réveillé [en sursaut]. On pourra, en effet, si l'on s'y prend avec quelque adresse, s'assurer en s'éveillant que les apparences qu'on voyait durant le sommeil ne sont que des mouvements dans les organes. Souvent, les enfants voient très distinctement, quand ils sont dans les ténèbres, beaucoup d'images qui s'y meuvent ; et leur peur est parfois assez forte pour les forcer à se cacher.
§13. Nous pouvons donc, d'après tout ceci, conclure que le rêve est une sorte d'image, et ajouter qu'il se produit durant le sommeil ; car les apparences que je viens de citer ne sont pas des rêves, non plus que ces autres apparences analogues qui se montrent à nous, même quand nos sens sont libres.
§14. Le rêve n'est pas non plus toute image quelconque qui se montre durant le sommeil ; car d'abord il se peut quelquefois que durant le sommeil on sente en partie le bruit, la lumière, la saveur, le contact ; mais faiblement il est vrai, et comme de très loin. Ainsi, bien des gens qui, en dormant entrevoyaient faiblement une lumière, que dans leur sommeil ils prenaient pour celle d'une lampe, ont reconnu aussitôt après leur réveil, que c'était bien réellement la lumière d'une lampe. Des gens qui entendaient faiblement le chant du coq ou le cri des chiens, les ont reconnus très clairement en se réveillant. D'autres répondent dans leur sommeil aux questions qu'on leur fait.
§15. C'est qu'il se peut, pour le sommeil et pour la veille que, l'un des deux étant absolu, l'autre aussi soit partiel. L'on ne peut dire alors d'aucun de ces deux états, que ni l'un ni l'autre soit un rêve, pas plus qu'on ne peut le dire de toutes les vraies pensées qui nous viennent dans le sommeil, indépendamment des images. Mais l'image produite par le mouvement des impressions sensibles quand on est dans le sommeil, et en tant qu'on dort, voilà ce qui constitue vraiment le rêve.
§16. Il y a des gens qui n'ont jamais rêvé de toute leur vie ; mais ces exceptions sont forts rares, quoiqu'il y en ait pourtant quelques unes. Pour les uns, cette absence de rêves a été perpétuelle ; pour les autres, les rêves ne leur sont venus qu'avec les progrès de l'âge, sans qu'auparavant ils en eussent jamais eu. Il faut croire que la cause qui fait qu'on ne rêve pas, est à peu près la même que celle qui fait qu'on n'a pas de rêves quand on dort aussitôt après le repas ; et que les enfants non plus ne rêvent point. Dans tous les tempéraments où la nature agit de telle sorte qu'une évaporation considérable monte vers les parties supérieures, et produit ensuite, en redescendant, un mouvement non moins considérable, il est tout simple qu'aucun image ne se montre. Mais on conçoit très-bien qu'avec les progrès de l'âge, il arrive des rêves ; car, du moment qu'un changement survient, soit par l'âge, soit par une affection quelconque, il faut aussi qu'il arrive le contraire de ce qui avait lieu auparavant.
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Les mots
Les mots? Ceux qui s'echappent, ceux qui se devinent, ceux qui sont repetés, ceux qui ne se disent pas, ceux qui ne se disent que trop, ceux qu'on avale, ceux qu'on tue, ceux qu'on brulent, ceux qu'on ecrit, ce qu'on garde comme un tresor, ceux qui manquent, ceux bien trop présent, ceux qu'on enterre, ceux qui meurt, ceux qui s'essoufllent, ceux qui manquent de syllabes, ceux qui manque de contexte, ceux qui n'en manquent pas, ceux qui n'existeront jamais, ceux sur le bout de la langue, ceux qui se transforment en pensée, ceux qu'on regrette, ceux qu'on cracherait, et surtout tout ceux que je ne t'ai jamais dit et que je tuerai pour te les dire, ces deux mots là planqués dans leur cachette...
mercredi 14 janvier 2009
L'ombre de toi
A croire que je suis inspirée ce soir...une envie irrestible de te parler, tu me manques...peut être certain d'entre vous pourront se reconnaitre dans mes propos, je pense que plusieurs personnes peuvent être concernés par ces pensées qui finalement peuvent être communes à tout être humain. Amis prend ma lanterne. Parlons en de l'amitié. Quelle limite a -t elle? L'amour peut elle effacé l'intimité qu on ne touche que par l'amitié. certainement, je ne sais plus à qui parler de toi, les seules peronnes à qui je peux ont déjà touché ton corps!Le sexe parlons en aussi, instinct primaire qui nous fait parfois faire des choses incompréhensibles mais je te l'affirme ici : jamais avec toi, chaque acte était assumée, autant d'énergie ne peut être reflechie mais en tout cas assumé avec surement un peu plus de temps que tu ne m'as pas laissé, si seulement on avait pu le vivre notre amour, cet amour qui fait que mon dieu mon coeur ne bat plus ou du moins fait semblant! Comment pourais je oublier tous ces moments partagés, ces fous rires, ces pleurs, ces conseils, ces phrases que je n'ai pas comprises...Est ce que tu crois qu'un jour tu me laisseras de cotés, sans rien que du sable entre mes mains, que des marées d'écumes, dis moi est ce que tu m'aimes?de nos corps dans l'écume?je me souviens de ton corps dans les moindres détails pour l'avoir masser avec tant d'ardeur que chaque pores est encré dans ma mémoire. Est ce que tu crois toujours qu'on peut vivre d'amour. Mais dis moi c'est quoi l'amour pour toi? est ce qu'on se prend pour mieux se laisser? plus que des cendres entre nous deux? Dis moi est ce que tu m'aimes?est ce que tout ca vaut la peine?J'en doute...Ne recherche tu pas simplement l'amour d'une personne et pas forcément le mien? Est ce qu'on aurait pu s'aimer mieux?est ce que c'était vraiment moi?Je ne l'ai jamais su. Pour toi tout paraissait si évident que je n'y ai pas cru. Est ce que tu t'es mis au moins une fois à ma place? T'es tu déjà demandé ce que ca me faisait d'avoir appris ton amour pour moi que je pensais impossible vu la complexité de nos relations. T'es tu déjà demandé la carapace que tu me demandais de détruire. Celle que j'avais construite depuis des années?Celle qui faisait ce que j'étais auprès de lui? Combien de fois dans tes regards je t'ai vu me comprendre, me respecter, mais si seulement j'avais pu me preparer à ton amour, cet amour qui aurait pu devoiler le mien. Je t'ai demandé du temps que tu ne m'as pas donné. Il était déjà trop tard, toi tu étais pret et moi non, comment aurais je pu connaitre ton amour, toi qui le garder dans ce coffre fort, comment aurais je pu savoir quoi faire.comment?J'ai toujours voulu passer des test à l'amour pour savoir si c'était le vrai. La réponse je ne l'ai toujours pas. Est ce que nous somme mort, notre amour est il mort par trop de rancune, allons nous vraiment faire nos vies loin de l'autre avec d'autre. Tu étais l'oxygène à mes nuits, mes sourires à mes journées, mon confident, mon ami, comment je fais moi sans toi?
Dis moi que brule encore cet espoir que tu tiens parce que tu n'en sais rien?Te souviens tu de cette fille qui était prete a partir à la mer avec toi en pleine nuit? Mon amour, seras tu ma religion puisque l'on s'aime et puisque moi j'y crois encore? M'aimes tu autant que tu le disais? Peux tu oublier ces balivernes?Toi qui me demandais de ne pas tenir comptes des autres es tu capable de le faire maintenant?Notre amour est il si fort? Dis moi que oui je t'en prie dis moi que oui parce que mon amour est pour toi ,c'est à la vie à la mort tant qu'on respire encore on peut s'aimer à la mort non?On peut faire l'amour sur les dunes sous les étoiles à sauver notre idéal?Tu sais non je n'obeissais pas qu'à la nature sinon je t'aurai fait l'amour bien plus souvent..je commence à douter de ton amour ai je raison?es tu pret à croire tous les mensonges qu'on te dit sur moi parce qu'il veulent mieux te posseder ou te récupérer, ne t'es tu jamais demandé pourquoi il y mettaient tant d'ardeur. Moi je t'ai perdu et volontairement, tu es tombé dans le piège que je t'avais tendu, penses tu vraiment que je ne savais pas ce qui allait se passer, mon silence a suffit à les faire parler pour moi , je savais tout ca, c'était peut etre la seule solution pour t'éloigner de moi et à mon grand regret c'est ce qu'il s'est passé, tu ne le sauras peut etre jamais mais il n'y avait que toi... et mon enfant j aurai aimé le faire avec toi et j'aimerai toujours mais c'est impossible. Je n'oserai jamais te dire tout ce que je ressens pour toi, tout ces sentiments qui me serrent le coeur tous les jours, tout ce manque que je ressens depuis que tu n'es plus là, chaque seconde sans toi est une éternité. Je marche dans cette ville où des ames sans nom me fredonne le tien. Toi tu n'es pas là quand l'hiver se fait rude. Oui je suis partie je t'ai laissé vivre. Moi je fuyais l'amour parce que j'avais trop peur. Je suis perdue...sur des chemins de pierre, je manque d'air, on s'est perdu, je ne suis plus rien pour toi, qui de nousd eux aimait plus l'autre à ton avis?moi je me suis perdue quand je t'ai perdue, j'ai perdu ma lumière, et mon coeur en enfer de toi ne battra plus, je pourrai vivre mille vies et dans milles pays mais je reviendrai me perdre entre tes mains, car l'amour n'est pas mort car on ne peut mourir quand on est infini, dis moi que la pluie dans mes yeux pourrait nous faire renaitre, je t'attend comme on attend voir pointer le jour en plein nuit, toi tu ne viendras plus car deja trop de fois toi tu es revenu, toi tu ne viendras pas car dejà trop de fois c'est d'autres qui sont venues, il est tard et ca fait dejà quelques mois que tu t'en es allé, toi tu dois faire du beau sur des chemins où moi je ne suis pas et le monde s'en fout mais sache que chacun de mes regards sur le monde t'es dédié...Quand à coté de moi c'est l'ombre de toi....
Dis moi que brule encore cet espoir que tu tiens parce que tu n'en sais rien?Te souviens tu de cette fille qui était prete a partir à la mer avec toi en pleine nuit? Mon amour, seras tu ma religion puisque l'on s'aime et puisque moi j'y crois encore? M'aimes tu autant que tu le disais? Peux tu oublier ces balivernes?Toi qui me demandais de ne pas tenir comptes des autres es tu capable de le faire maintenant?Notre amour est il si fort? Dis moi que oui je t'en prie dis moi que oui parce que mon amour est pour toi ,c'est à la vie à la mort tant qu'on respire encore on peut s'aimer à la mort non?On peut faire l'amour sur les dunes sous les étoiles à sauver notre idéal?Tu sais non je n'obeissais pas qu'à la nature sinon je t'aurai fait l'amour bien plus souvent..je commence à douter de ton amour ai je raison?es tu pret à croire tous les mensonges qu'on te dit sur moi parce qu'il veulent mieux te posseder ou te récupérer, ne t'es tu jamais demandé pourquoi il y mettaient tant d'ardeur. Moi je t'ai perdu et volontairement, tu es tombé dans le piège que je t'avais tendu, penses tu vraiment que je ne savais pas ce qui allait se passer, mon silence a suffit à les faire parler pour moi , je savais tout ca, c'était peut etre la seule solution pour t'éloigner de moi et à mon grand regret c'est ce qu'il s'est passé, tu ne le sauras peut etre jamais mais il n'y avait que toi... et mon enfant j aurai aimé le faire avec toi et j'aimerai toujours mais c'est impossible. Je n'oserai jamais te dire tout ce que je ressens pour toi, tout ces sentiments qui me serrent le coeur tous les jours, tout ce manque que je ressens depuis que tu n'es plus là, chaque seconde sans toi est une éternité. Je marche dans cette ville où des ames sans nom me fredonne le tien. Toi tu n'es pas là quand l'hiver se fait rude. Oui je suis partie je t'ai laissé vivre. Moi je fuyais l'amour parce que j'avais trop peur. Je suis perdue...sur des chemins de pierre, je manque d'air, on s'est perdu, je ne suis plus rien pour toi, qui de nousd eux aimait plus l'autre à ton avis?moi je me suis perdue quand je t'ai perdue, j'ai perdu ma lumière, et mon coeur en enfer de toi ne battra plus, je pourrai vivre mille vies et dans milles pays mais je reviendrai me perdre entre tes mains, car l'amour n'est pas mort car on ne peut mourir quand on est infini, dis moi que la pluie dans mes yeux pourrait nous faire renaitre, je t'attend comme on attend voir pointer le jour en plein nuit, toi tu ne viendras plus car deja trop de fois toi tu es revenu, toi tu ne viendras pas car dejà trop de fois c'est d'autres qui sont venues, il est tard et ca fait dejà quelques mois que tu t'en es allé, toi tu dois faire du beau sur des chemins où moi je ne suis pas et le monde s'en fout mais sache que chacun de mes regards sur le monde t'es dédié...Quand à coté de moi c'est l'ombre de toi....
Ma lumière
Nous cherchons tous la lumière qui viendra nous eclairer, du moins je crois! Nous avons tous un jour perdu la flamme, nous avons tous cru un jour avoir trouvé mais trouvé quoi. Quelqu'un qui vous connait tellement qu'il est seul à pouvoir vous remettre en question , à vous rendre belle ou beau, à vous redonner confiance en vous ou au contraire vous destabiliser. Mais pour pouvoir avoir autant de pouvoir sur vous, c'est déjà qu'il vous touche non? Avoir parfois ne serait ce qu'une pensée par jour pour une personne suffit à la faire exister dans votre coeur. Alors dis moi toi penses tu à moi? Et vous avez vous une personne que vous aimez tant que ca vous fait mal au coeur? Une personne pour qui il n'y pas de limite, pour qui l'amour est inconditionnel? Je vous souhaite de connaitre ce sentiment un jour, sentiment si fort que meme la mort ne peut vous séparer, liés à jamais par les ames. Est ce qu'on aurait pu s'aimer mieux? est ce qu'on se prend pour mieux s'oublier, est ce qu'on peut souffler les braises entre nous deux, est ce que ca en valait la peine, je doute...Oui on va refaire nos vies comme on dit, moi j'ai dit que j'étais mieux sans toi, je t'ai jeté au vent, amer je t'ai laissé, j'ai fui ta lumière, j'ai pensé qu'au fond de tes bras il faisait trop froid, et toi y a quelque chose qui faisait que t'entendais pas, et tu avais raison de ne pas entendre parce que je suis mal sans toi et au fond de tes bras il ne faisait pas si froid, le moindre de tes gestes me manque, toi que j'ai observai pendant si longtemps. Une nuit j'ai fait un reve il y a des années où tu me disais que tu m'aimais, depuis cette nuit je me suis jurée de ne jamais te toucher car tu ne m'appartenais pas jusqu'au jour où... on s'est touché aussi mal à l'aise l'un que l'autre, si j'avais su je serai venu passer du temps avec toi près de la mer puis je l'ai vu son regard à lui qui savait déjà bien avant nous tout ce qui allait se passer, je l'ai vu son regard qui me maitriser malgré moi d'un amour qui n'était qu'obsession, lui qui nous a séparé, elle qui m'a trahie mais à qui je n'en veux pas , elle a pris sa revanche moi qui ne voulait que la protegeait de mon amour pour toi, sa vengeance et ses chimeres sont legitimes et je les laisse exister comme vrais bien que mensonges pour que tu m'oublies, elle que tu n'aimeras jamais. je souhaite ton bonheur avec une autre que moi qui pourra elle, te rendre heureux en espérant qu'elle ne sera pas que mon ombre, elle qui saura te faire m'oublier. L'amour que j'ai en moi je te le donne pour toujours et à jamais, je respecte ton bonheur et ne m'immicerai pas.Ta scylla piégée de son amour pour toi tel une tragédie...
La vérité
Rêve ou réalité. qui de ces deux mythes en vaut la peine? je ne sais plus si je reve ce que je vis ou si je vis ce que je reve, tout se confond. Comment connaitre la vérité de ce qui se cache en nous? Entre ce qu'on voudrait, ce qu'on ne voudrait pas, ce qu'on est, ce qu'on est pas, ce qu'on voudrait être. On se persuade sans cesse de tellement de chose, comment savoir où est la verité? parfois on pense tout savoir, être sure de ses choix mais la minute d'après on ne sais vraiment plus...D'où viennent ces doutes? Il parait que le doute est le commencement de la sagesse. Ouai je suis sceptique...La sagesse ne s'atteindra certainement que lorsqu'on ne pensera pas être sage et je suis loin d'être sage. Faire des erreurs on en a tous fait. oui l'erreur est humaine mais est-elle effacée si elle est pardonnée? Non c'est sur, le pardon ne l'oublions pas aide aussi à une certaine admiration de soi même. L'ego fait parti de l'humain et le mene malheureusement à faire des erreurs parfois irréparable. Mais la conscience nous le rapelle bien. Inconscience et conscience nous aide à trouver la vérité , encore faut il choisir la bonne voie ou la bonne voix. Cette voix interieure qui nous torture, nous rapelle qu'on joue un jeu, qu'on se persuade d'un bonheur, qui nous fait revivre un espoir qu'on croyait perdu, d'où vient il? Que veux nous dire cette voix? Faut il l'écouter, faut il l'ignorer? Moi je n'ai toujours su que l'ignorer, la suivre prendrait trop de risque, mais les risque ne nous font pas nous sentir vivant? Je pense que oui alors pourquoi nous n'en prenons jamais, pour ensuite regretter, sentiment que l'on connait bien et qui finalement nous rassure. On connait bien mieux le desespoir que le bonheur. Le bonheur fait peur, on le fuit alors que parfois il est juste devant nos yeux, pourquoi le fuit-on? En cette fin de soirée, je ne saurai dire qu'une chose, tu es dans chacun de mes reves toi l'amour de ma vie, tu es dans chacune de mes secondes et tu m'accompagnes tel un fantome dans chacun de mes pas, tu es à mes côtés mais tu me manques...toi ma vérité que je n'ai pas su accepter, toi ma lumière que je n'ai que trop éteinte...Tellement de réponses sans questions tellement de questions sans réponses.. Je suis telle que je suis et pour toi je voudrais être transparente et que tu m'aimes comme je suis : imparfaite, tellement imparfaite, n'est ce pas ça l'amour? aimer l'autre tel qu'il est?Qui aime assez l'être qu'il dit aimé pour préferer son bonheur au sien? Si tu m'aimes acceptes moi comme je suis et je t'accepterai comme tu es.
mardi 6 janvier 2009
Télépathie et rêve
Ne vous est il jamais arrivé de vous reveiller un matin avec l'étrange sensation d'avoir réellement vécu votre rêve, d'avoir vraiment parlé avec la personne dont vous avez révé, de mettre un certain temps avant de réaliser que ce n'était qu'un reve, d' y repenser pendant la journée voir de vous hanter pendant plusieurs jours. Vous etes vous deja demandé si vos reves pouvait etre influencé par ceux des personnes s'y trouvant, ces reves sortent ils seulement de notre inconscient ou peuvent ils provenir de l'inconscient de suelqu'un dautre, est il possible que les reves soient telepathiques? on peut souvent remarquer, par exemple avec le telephone portable, qu'au moment où on pensait à cette personne elle vous appelle, des études faites sur le sujet ont démontrés que la télépathie pouvait se transmettre par les ondes, mais serait ce la seule explication? est il possible que des personnes soient liés uniquement par la pensée ou ne serait ce pas par leurs vies anterieures?
Danielle Fecteau fait le tour d’horizon de l’ensemble des recherches sérieuses qui ont été réalisées dans ce domaine et nous offre un bilan surprenant et plein de promesses. Grâce à la transmission de pensée et à la télésomatique nous pouvons non seulement percevoir les pensées des autres, mais également ressentir leurs émotions, leurs humeurs et leurs symptômes physiques. Plus encore : certains d’entre nous savent « lire » à distance dans le corps humain et diagnostiquer des maladies, d’autres sont capables de visualiser des lieux lointains où ils ne sont jamais allés, d’autres enfin peuvent entrer en contact avec les objets, les animaux et même les plantes. Des rêves télépathiques à la transmission de pensée entre la mère et le fœtus en passant par la communication avec l’au-delà, le monde que nous décrit l’auteur foisonne de données étonnantes. Avec brio, elle nous fait découvrir cet univers fantastique qui influence nos états d’âme, nos choix et nos comportements, souvent sans que nous en ayons conscience.
Sans entamer le sujet du voyage astral, mes recherches m'ont ammené à penser que des individus peuvent êtres liés à travers plusieurs vies, leurs ames seuraient jumelles mais dans quel but? Il est vrai que nous ressentons parfois un lien très fort avec certaines personnes, une energie presque palpable, cette energie faut il lui faire ocnfiance, tout abandonner ou au contraire l'écouter, je ne sais pas mais je reste persuadée qu'il ne faut pas la negliger car elle ne peut pas disparaitre et si ce n'est pas dans cette vie, ce sera dans une autre...
Danielle Fecteau fait le tour d’horizon de l’ensemble des recherches sérieuses qui ont été réalisées dans ce domaine et nous offre un bilan surprenant et plein de promesses. Grâce à la transmission de pensée et à la télésomatique nous pouvons non seulement percevoir les pensées des autres, mais également ressentir leurs émotions, leurs humeurs et leurs symptômes physiques. Plus encore : certains d’entre nous savent « lire » à distance dans le corps humain et diagnostiquer des maladies, d’autres sont capables de visualiser des lieux lointains où ils ne sont jamais allés, d’autres enfin peuvent entrer en contact avec les objets, les animaux et même les plantes. Des rêves télépathiques à la transmission de pensée entre la mère et le fœtus en passant par la communication avec l’au-delà, le monde que nous décrit l’auteur foisonne de données étonnantes. Avec brio, elle nous fait découvrir cet univers fantastique qui influence nos états d’âme, nos choix et nos comportements, souvent sans que nous en ayons conscience.
Sans entamer le sujet du voyage astral, mes recherches m'ont ammené à penser que des individus peuvent êtres liés à travers plusieurs vies, leurs ames seuraient jumelles mais dans quel but? Il est vrai que nous ressentons parfois un lien très fort avec certaines personnes, une energie presque palpable, cette energie faut il lui faire ocnfiance, tout abandonner ou au contraire l'écouter, je ne sais pas mais je reste persuadée qu'il ne faut pas la negliger car elle ne peut pas disparaitre et si ce n'est pas dans cette vie, ce sera dans une autre...
lundi 5 janvier 2009
Un bout de vous en moi
J’adresse ces pensées à quiconque pourrait tomber dessus, mes amis, ma famille, mes connaissances, mes amours passées, mes amour futures, mes amours espérées, mes amours déçues, mes amours secrets, mes amours inespérées, mes désamours, à ceux que je porte dans mon cœur et même à ceux que j’ai aimé et que je ne vois plus, à ceux qui ont changé ma vie, ceux qui vont la changer, ceux qui la change tous les jours, ceux à qui je pense parfois, ceux à qui je pense tout le temps sans forcément l’avouer, ceux que j’aime avoir dans ma vie, ceux que j’aimerai y avoir, à ceux qui me manque , à ceux à qui j’ai changer la vie sans m’en rendre compte, à ceux qui m’ont fait voir les choses différemment, à ceux qui m’ont fait stagner, douter et qui n’ont pas cru en moi, à ceux qui ont cru en moi, à ceux qui n’ont pas chercher à savoir, à ceux qui ont trop cherché, à ceux qui n’ont pas su voir l’humain en chacun de nous, à ceux qui l’ont vu, à ceux qui ont fait attention à moi, à ceux qui ont voulu me protéger, à ceux qui m’ont fait du mal, à ceux qui m’en feront, à ceux que je ne connais pas encore et à ceux que je ne connaîtrais jamais, à ceux que je connais par cœur et qui m’étonnent encore, à ceux qui me font rire et même à ceux qui me font pleurer, à ceux qui me mentent, à ceux à qui je mens, à ceux que je redoute, à toi que je pourrai aimer de tout mon cœur, à ceux que je domine, à ceux qui me dominent, à ceux qui me figent d’un simple regard, à ceux que je croise de temps en temps, à ceux que je vois tous les jours, à ceux qui me voient sans que je les vois, à ceux que je vois sans qu’ils me voient, à ceux que je ne vois plus, à ceux qui écoute leur cœur, à ceux qui en ont peur, à ceux qui aimeraient mais qui n’osent jamais, à ceux qui tentent, à ceux qui font confiance, à ceux qui sont en accord avec eux même, à ceux qui s’en foutent, à ceux que j’aime et à ceux que je déteste aimer, j’adresse ces quelques mots à tout ceux qui font de moi ce que je suis, je me retrouve en chacun de vous et j’espère pouvoir rester un peu en chacun de vous.
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